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Tonton Jean

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D'Andorre à Toulouse ... via Pamiers

 Une des Vallées d'Andorre. Terre aride et accidentée, haut lieu de la contrebande dans les années trente.

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 A droite, Jean avec tonton Henri et sa mère, Marie
     

     

     Jean est né le 12 octobre 1919 à Andorra la Vella, dans les Vallées d'Andorre. Son grand-père, et son père Joseph, étaient tous deux notaires à Andorre et son avenir paraissait alors évident. Mais le destin en décidera autrement…
 
     Les parents ne s'entendant plus, à l'âge de 5 ans, il quitte son pays natal avec sa sœur, Léonce, pour aller à Pamiers (Ariège) chez sa tante Jeanne. Il est alors élevé par son oncle, instituteur, homme particulièrement intelligent et cultivé.

     Et c'est l'école communale, le collège et les copains, une vie heureuse et tranquille, dans cette petite ville du midi. Plus tard, sa tante décède en couches et Marie épouse "tonton Henri". Au moment d'entrer en troisième, la mère de Jean décide d'envoyer son fils au lycée à Toulouse, où habitent ses parents.

     Quelques années plus tard, la Seconde Guerre mondiale éclate. Il est mobilisé en 1940 et démobilisé en 1941 : " drôle de guerre " et drôle d'entrée dans la vie d'adulte !

Huit années de galère !

 Jean en 1943 avec le premier de ses 3 fils, Jean-Claude
     Jean préfère la vie civile aux Camps de Jeunesse, le grade de chômeur à celui de lieutenant malgré l'occupation allemande et les privations de toutes sortes. Le voilà donc chômeur, mais oui, et lisant les petites annonces de "La Dépêche du Midi" à Toulouse. Drôle de destin : le fils de notaire andorran va devenir employé de banque (Société Générale) à La Bourboule (Puy de Dôme) en août 1941. Non loin de là, en Auvergne toujours, une autre chômeuse, Madeleine Taillandier, lit les petites annonces du journal "Le Cantal" avant d'être embauchée, trois mois plus tard, par la même banque. Elle ne sait pas, à cet instant, qu'elle va également signer un contrat à durée indéterminée avec un certain Jean Picart.  
 
     Ils gagnent peu, ils mangent peu, mais travaillent beaucoup : 11 heures par jour, dont trois de 20 h à 23 h, faisant à pied près de 12 km par jour, car l'Hôtel de la Banne d'Ordanche (le moins cher) est éloigné de la ville. Qu'importaient alors les plats de rutabagas, de topinambours ou de carottes à l'eau, qu'importaient le froid et la neige avec les souliers à semelle de bois, qu'importaient la peur de la Gestapo et la menace des rafles impromptues, Jean et Madeleine étaient jeunes, unis par l'enthousiasme et l'amour. Jean-Claude fut leur premier fruit, et deux autres n'allaient pas tarder à suivre.
 
     Les ennuis continuent… En juillet 1943, Jean est réquisitionné pour le S.T.O. (Service du Travail Obligatoire). Il s'enfuit tout d'abord chez Alfred et Thérèse Kervran, la sœur aînée de Madeleine, habitant alors à Loches (Indre et Loire) puis il revient à La Bourboule sous une fausse identité. Recherché par la gendarmerie et la police allemande, il réussit à échapper à tous et il reprend une activité normale à la Libération, en 1945. Hélas, les salaires sont toujours aussi maigres et il faut vivre au jour le jour.
 
     Le 16 mars 1947, la naissance de Joël à La Bourboule, pose un nouveau problème. C'est un beau bébé, mais de santé fragile, il supporte mal le climat froid et rude des Monts-Dore. Le couple vit toujours en meublé. La peur de l'arrestation et la pénurie alimentaire se sont éloignées, mais le manque d'argent est toujours présent. Comme il n'est pas possible de payer une nourrice, Madeleine élèvera les enfants et Jean subviendra aux ressources du ménage…
 
     En 1949, après huit années de galère, il est nommé, chance inouïe, à Aurillac (Cantal), à 34 km de chez Mémère Cros, sa belle-mère !


Jean retrouve son père ...

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 Joseph, 25 ans plus tard, dans ses vallées rocailleuses
     Et c'est là que commence vraiment la vie heureuse d'un couple qui s'aime et se respecte. Le déménagement de La Bourboule s'est effectué avec 6 caisses à savon pour tout mobilier, 2 enfants de 6 et 2 ans, pour tout bagage, et un petit Gilles en route pour mars 1950 !

     Ils ne sont pas aisés, mais vivent enfin paisiblement à Aurillac, tout près de chez Mémère Cros, où ils passent les fins de semaines et les congés. Le dimanche, ce sont les parties de pêche à la truite ou aux goujons et autres vairons. On prend le train ou l'autobus. Les trois garçons, Jean-Claude, Joël et Gilles poussent bien et sont de bons écoliers. Que demander de plus, puisqu'on a la santé ? C'est cela le vrai bonheur !

     Pendant cette période, Jean a pu avoir des nouvelles de son père andorran. Il a pris l'initiative de lui écrire, puis de prendre le train pour le rencontrer dans son pays natal. Après 25 années de séparation, Jean a enfin la chance de "connaître" son vrai père en Andorre.

     Au fil des années, la vie pour Jean et Madeleine se déroule comme prévu, la promotion récompensant le travail, et l'attelage qu'ils forment traçant son sillon, malgré les pierres et les souches qui parsèment tous les champs.

     A leur tour de découvrir les plaisirs et les joies possibles par un meilleur revenu : les loisirs, les vacances d'hiver et d'été, le camping, et les relations qu'ils se créent ainsi…

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