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Le Pountari

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Le pountari (Récit de Geneviève Dubois, février 2001)
 A la poudre à lessive ...
 Il fallait bien boire pour avaler le pountari qui vous lestait pour le reste de la journée. Seul, Victor Hugo restait de marbre !
Une légende tenace a toujours couru chez les Kervran : l'épisode de la première visite d'Alfred, amoureux de Thérèse, dans sa belle-famille. Pour honorer son futur gendre, très gourmand en la matière, Mémère Cros lui avait fait un gâteau. Il s'avéra très vite, à le goûter, qu'une poudre à lessive quelconque avait remplacé la farine… Erreur de la cuisinière, émue d'une visite décisive pour l'avenir de sa fille aînée, remplissage défectueux des pots marqués " Farine ", " Café ", etc… au-dessus de la cheminée ou facétie d'une plus jeune ? Nous ne l'avons jamais su. La mésaventure fit beaucoup rire et le jeune prétendant n'en tint rigueur ni à sa future belle-mère, ni à sa promise, puisqu'il revint. Mais l'histoire eut pour inconvénient d'accréditer l'idée que Mémère Cros n'était pas un cordon bleu et qu'elle se passionnait davantage pour les choses de l'esprit, notamment la politique ( ce qui était vrai) que pour les tâches culinaires.

 Le rituel
 Telle "Panoramix" avec ses Gaulois
    
     Désir de se rattraper ou, plus vraisemblablement et plus sûrement, volonté de faire plaisir à ses enfants et ses petits-enfants dont elle connaissait l'appétit - encore accru par le bon air de Cros ! - ? Toujours est-il que Mémère annonçait fièrement à chacune de nos venues : " Demain, je vous fais un pountari ".

     Le pountari, c'était son chef-d'œuvre, sa spécialité et une spécialité bien auvergnate ; un plat à l'image de son nom même : solide, riche et généreux, un tantinet mastoc, mais tellement savoureux !

     Le lendemain de la promesse rituelle, nous connaissions le déroulement de la matinée ( il la fallait toute entière !) . C'est comme si l'on avait écrit : NE PAS DERANGER sur la porte de la cuisine, qui devenait un endroit miné, où il ne fallait pas gêner la créatice dans son œuvre. On pouvait admirer, mais de loin et sans bruit. Et si les pieds nous démangeaient, nous étions vivement priés d'aller jouer dehors ( " Non, Denis, on ne court pas après les poules de mémère… ").

 La vraie recette !
 Appétissant, tout de même, le pountari !
Dans un grand fait-tout, sur la cuisinière à bois, elle faisait cuire un gros chou accompagné d'un beau morceau de poitrine salée (mémère, par peur qu'il n'y en ait pas assez, se faisait tailler par le boucher de superbes tranches). 

     Pendant que le chou cuit égouttait, elle préparait la farce : persil du jardin, œufs, de ses poules justement, pris sur la pyramide dans le grand buffet (" 5 œufs, non donne-m'en 6 plutôt "), chair à saucisse ajoutée à la poitrine hachée. 

     Dans un grand plat rond et haut largement beurré, elle alternait ensuite une couche de chou, une couche de farce  en terminant par le chou, avant d'enfourner dans la cuisinière. Bien chaud et doré, le plat était bien vite enfourné, dans nos gosiers cette fois. On s'en léchait les doigts ! Pour les gourmands, lorsqu'il arrivait - rarement- qu'il en restât, le pountari se réchauffait par tranche poêlée. 

     Voilà de quoi vous lester pour le reste de la journée !


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