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Tonton Yves

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"... ce héros au sourire si doux."
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 Yves, en 1949, avec sa clope et son appareil photo
Yves Paillet a vu le jour à Bourges le 8 Août 1913, son père Alfred était garçon meunier, Charlotte sa mère, domestique. Enfant unique, Yves fut Pupille de la Nation en 1915. Son père disparut dans un trou d'obus à la bataille de l'Yser et Charlotte se laissa mourir de chagrin. A 2 ans donc, Yves fut élevé par ses grand-parents, puis par son oncle et sa femme, des gens stricts sur ce que l'on appelle " la bonne éducation ". A 14 ans, Yves, grâce aux relations de son oncle, entra en tant que commis dans une banque de Selles-sur-Cher. 

     Et la deuxième guerre mondiale arriva. Son enfance d'orphelin l'avait profondément marqué et fait de lui un anti-militariste. Il fut incorporé comme secrétaire du colonel. Quand on lui accorda une promotion, Yves la refusa. Il ne voulait pas être " 1ère classe " pour aller au combat et tenir un homme au bout de son fusil. Le colonel accepta son refus, et Yves passa la guerre à déménager avec son régiment au gré des mouvements de l'armée allemande. Affecté aux travaux de peinture de camouflage des camions, il obtint les compliments de l'armée ! Ce fut le seul essai artistique de toute sa vie.


Expert près les Tribunaux
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 Yves à Saint-Jean-de-Monts
     Après la guerre, nous retrouvons Yves comme greffier au Tribunal de Tours… où il va rencontrer Guiguite.
    
     En 1956, à la naissance du troisième enfant, il s'installe à son compte comme Expert près les Tribunaux. Son bureau était une pièce de la maison familiale, la salle d'attente était la salle à manger.
 
     Yves était un travailleur acharné, et Guiguite nous disait de temps en temps de ne pas faire de bruit parce que " papa travaille ", comme toute contrainte a son plaisir, à ces moments là nous avions libre cours pour explorer le quartier. Combien de soirs nous nous endormîmes au crépitement de la machine à écrire Facit ! Le bureau d'Yves était le lieu saint de la maison, son territoire où ni Guiguite ni les enfants, n'entraient sans frapper. Un lieu qui sentait bon le papier, l'encre, avec un grand et lourd bureau croulant sous des dossiers. Ses dossiers et ses clients tenaient une si grande part dans sa vie, qu'Yves n'a jamais pensé à prendre sa retraite.




Ses passions
 "Les dimanches où Yves ne plongeait pas le nez dans ses albums de timbres ..."

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 Yves, sa clope et sa guitoune
     C'était un homme plein d'humour, plutôt pince sans rire. Avec ses trois enfants il n'élevait jamais la voix, était très compréhensif et diplomate dans l'éducation qu'il donnait.

     Il avait des passions : ses cactées qu'il bichonnait avec tendresse, les rentrant à la cave à la fin de l'automne, les sortant au soleil dans la cour au printemps. La philatélie. Certains dimanches, armé de sa pince, de la boîte de charnières, il collait, décollait, laissait sécher et nous pouvions regarder mais surtout ne pas " suffffler sur les timbres à papa ". L'histoire et la géographie : il était incollable sur l'histoire de la Touraine. Lorsque nous partions en vacances… chez Mémé Cros, afin de nous faire oublier la longueur du trajet mais aussi pour nous " éduquer ", il avait inventé un jeu avec les plaques minéralogiques des voitures et nous devions trouver les départements, voire les préfectures. Les films " Connaissance du monde " qu'il n'aurait ratés sous aucun prétexte, ce furent aussi nos premières séances de cinéma, à nous les enfants.

     Yves avait une belle voix. Le repas du soir se terminait avec Yves entonnant des chants des Auberges de Jeunesse et nous reprenions en chœur " avoir un bon copain il n'y a rien d'meilleur au monde " ou " si tous les gars du monde… ".
Les dimanches où Yves ne plongeait pas le nez dans ses albums de timbres, il les consacrait au Monopoly avec ses enfants. Mais avant de débuter la partie, il nous prenait tous les trois par la main et nous emmenait chez une de ses clientes, marchande de bonbons, en acheter un plein sac… la gourmandise d'Yves était légendaire. Nous les enfants, et plus tard ses petits enfants, savions qu'il attendait avec une jubilation certaine la fin du dessert pour terminer les assiettes de ceux qui avaient les yeux plus grands que le ventre. Il parlait parfois, l'eau à la bouche, du marchand de glaces de Bratislava où il était allé en 1948 avec Guiguite et leur ami tchèque Ludwig.

     Dernière passion : les voyages. Dès qu'Yves et Guiguite ont pu, libérés du joug des enfants, ils se sont mis à voyager. A 65 ans Yves réalisa enfin le rêve de sa vie en partant pour la mythique Samarkand, voir les mosquées bleues, mais tout en regrettant, quand même, de ne pas voir la Grande Bibliothèque brûlée par Gengis Khan. C'est le seul voyage où Guiguite ne l'a pas suivi car elle ne voulait pas aller chez les Soviets !


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